La science essaye d’expliquer la sortie du corps

Qui n’a jamais entendu parler d’expériences de la sortie hors du corps réalisées par exemple sous emprise de drogues, suite à une attaque cardiaque ou cérébrale, ou suite à un coma ? Il y a des exemples tout autour de nous.

C’est pour cela que deux équipes scientifiques se sont donné comme objectif de reproduire ce phénomène en laboratoire.

L’expérience est plutôt simple. Il s’agit d’équiper le sujet de lunettes de réalité virtuelle dans lesquelles on projette les images du sujet, filmé de dos. Il se voit ainsi comme un observateur assis derrière lui.

Pendant quelques minutes le sujet réalise quelques exercices, comme se toucher avec une baguette (le tout en se regardant), suffisamment longtemps pour qu’il s’habitue à cette sensation et qu’il s’identifie à sa nouvelle enveloppe qui se trouve être derrière lui, si bien que si on fait tomber un objet devant les cameras, le sujet se protège comme si il le ferait pour son propre corps.

« Lillusion dextracorporalité est créée par la perspective visuelle, associée à une stimulation corporelle multisensorielle », explique Henrik Ehrsonn.

En inversant la proposition, on comprend que cest la corrélation de différentes informations sensorielles, à la fois visuelles et tactiles, qui fonderait lidentité corporelle et, finalement, la « conscience de soi ».

Un conflit entre messages visuels et somatiques apparaît bien comme la clé de la « délocalisation » corporelle, selon une autre expérimentation réalisée par une équipe de quatre chercheurs suisses et allemands, dirigée par Olaf Blanke (école polytechnique fédérale de Lausanne et hôpital universitaire de Genève).

Ces travaux nétonnent pas Alain Berthoz, professeur au Collège de France, dont le laboratoire de physiologie de la perception et de laction (CNRS) a montré, chez des patients épileptiques, que la stimulation électrique de certaines zones cérébrales provoque « une dissociation entre corps propre et corps extérieur ». Ces zones, indique-t-il, « sont des aires dintégration multisensorielle et jouent sans doute un rôle fondamental dans la cohérence de la représentation du corps et de ses relations avec lespace ».
Autrement dit, limpression de « sortie du corps » résulterait de « déséquilibres dans le fonctionnement des réseaux neuronaux qui assurent lunité de la perception du corps et de ses relations spatiales ». Une explication que la parapsychologie jugera, à coup sûr, réductionniste. source